LA PHILOSOPHIE,FORME DE VIE

oration avec

LA PHILOSOPHIE COMME FORME DE VIE 

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"La philosophie ne gît (niedergelegt) pas dans des propositions,mais dans un langage."(Ludwig Wittgenstein,Philosophie,TS 213,§§ 86-93,tr.Gérard Granel modifiée,TER,1997,p.35)

 

Ecartons tout d'abord une source possible de confusion.Pierre Hadot,avec "La philosophie comme manière de vivre",Ilsetraut et Pierre Hadot,auteurs   de "Apprendre à philosopher dans l'antiquité", ont attiré l'attention des universitaires mais aussi d'un public plus large sur une certaine  défaveur

dont pâtissaient des philosophes dont pourtant l'importance a été reconnue depuis l'antiquité en raison d'une influence qui s'exerçait bien au-delà des écoles sur l'élite politique romaine, et qui ,de la Renaissance à la fin du XVIIIe siècle, a contribué à modeler l'élite européenne,rivalisant ainsi

avec l'enseignement chrétien, romain ou réformé,autorisé par les Etats.Bien que l'importance de l'éthique ait été reconnue par Wittgenstein,il en va autrement du discours éthique strictement informulable,qu'il s'agisse du 'système éthique chrétien',du stoïcisme ou de quelque autre doctrine.

Il indique explicitement aux auditeurs de sa Conférence sur l'éthique : "Si vous dites qu'il y a différents systèmes de l'éthique,vous ne dites pas qu'ils sont également corrects.Cela ne signifie rien.Exactement comme cela ne signifierait rien de dire que chacun est correct de son point de vue.Cela pourrait

seulement vouloir dire que chacun de ces systèmes juge comme il le fait."(Cité par Rush Rhees,in Les vues de Wittgenstein sur l'Ethique ,Leçons et conversations,Gallimard,Les Essais CLX,1971,p.172).En effet,"6.42 -Il ne peut pas y avoir de propositions éthiques."  "6.421-Il est clair que l'éthique ne

se laisse pas exprimer.L'ethique est transcendantale [sans doute pour 'transcendante'].(Ethique et esthétique sont une seule et même chose.)"(Gallimard1993,p.110) Par "forme de vie" il ne faut donc pas entendre un discours éthique ou religieux sur le mode de vie.

 

  Wittgenstein laisse planer une équivoque sur le rapport du discours philosophique à la langue commune.Le philosophe est-il seulement celui qui prévient l'usager de la langue commune des pièges dans lesquels il risque de tomber avec certains usages des mots, ou bien celui qui,averti de ces

mésusages,pratique consciemment la trangression et s'imagine trouver dans l'illusion spéculative un regain de puissance ? Son rôle culturel est-il de prévenir le mal - éventuellement ,de le soigner -,ou bien plutôt,par son propre exemple,d'inciter le bien portant à risquer cette transgression linguistique ?

Les constructions symboliques logico-mathématiques opérées successivement par Frege et Russell impliquaient ,dès le Tractatus,une contamination de la philosophie par des emplois grammaticalement (i.e. logiquement) incorrects de la langue usuelle et la nécessité de faire appel à une

rectification.Wittgenstein note en :"3.323- Dans la langue usuelle il arrive fort souvent que le même mot dénote de plusieurs manières différentes-et appartiennent donc à des symboles différents,-ou bien que deux mots qui dénotent de manières différentes sont en apparence employés dans la

proposition de la même manière. 3.325 -Pour éviter ces erreurs,il nous faut employer une langue symbolique qui les exclut,qui n'use pas du même signe pour des symboles différents,ni n'use,en apparence de la même manière de signes qui dénotent différemment.Une langue symbolique donc qui obéisse

à la grammaire logique- à la syntaxe logique. (L'idéographie de Frege et Russell constitue une telle langue,qui pourtant n'est pas encore exempte de toute erreur. "(Tractatus,tr.Granger,Gallimard,Tel,1993,p.47).

La réponse sur la source des confusions grammaticales semblait claire :"4.002 - La langue usuelle est une partie de l'organisme humain,et n'est pas moins compliquée que lui.Il est humainement impossible de se saisir immédiatement,à partir d'elle,de la logique de la langue.La langue déguise la

pensée.(...) 4.003 - La plupart des propositions et des questions qui ont été écrites touchant les matières philosophiques ne sont pas fausses mais dépourvues de sens ( unsinnig)."(o.c.,p.51).

THE  BIG TYPESCRIPT

Une quinzaine d'années plus tard  (The Big Typescript,1933-39), la position de Wittgenstein est-elle sensiblement différente ?Dans la section 90 du TS  (213 ,§§ 86-93,) mise sous l'égide de Lichtenberg,Wittgenstein constate :"L'enseignement de la philosophie se heurte à une difficulté aussi considérable

que celle qui caractériserait l'enseignement de la géographie si l'élève traînait avec lui quantité de fausses représentations beaucoup trop simples et faussement simplifiées sur le cours du fleuve,les bassins fluviaux,rivières et montagnes.

Les hommes sont profondément empêtrés dans les confusions philosophiques,c'est-à-dire grammaticales.Mais si ce langage est devenu ce qu'il est,c'est parce que les hommes étaient-et sont-enclins à penser de la sorte.Aussi la possibilité de les en arracher ne peut-elle avoir lieu qu'avec ceux qui vivent

dans un état instinctif de rébellion contre le langage,d'insatisfaction à l'égard du langage.Et non pas avec ceux qui,de tout leur instinct,vivent dans le troupeau qui a créé ce langage comme sa propre expression."(o.c.p.33)

   Il est surprenant que,selon Jean-Pierre Cometti,le traducteur,ces extraits soient approximativement contemporains des Blue et Brown Books et,par conséquent,de la mise en oeuvre des jeux de langage.En effet,deux remarques s'imposent.D'abord,en un sens proche de la critique spinoziste,la

corporéité du langage est source de sa complexité,puis des confusions qui en résultent dans son usage populaire.Echapper aux pesanteurs de cet usage serait donc réservé au petit nombre des "rebelles",insatisfaits de la simple fonction de

communication quotidienne  ( un parallèle avec la critique heideggerienne de l'Alltäglichkeit s'imposera ) et tentés de sortir de la Caverne.Il s'agit là ,en particulier,de deux types de personnages,les philosophes-logiciens,bien sûr,mais aussi les poètes.

On rappellera,ici, l'institution et la dotation par Wittgenstein d'un prix de poésie dont deux lauréats furent Rilke et Trakl. Mais il est peu question d'une responsabilité propre aux philosophes,ceux-ci se contentant le plus souvent d'emprunter les voies déjà tracées,"le réseau des chemins bien

entretenus".,et non les Holzwege du  maître de Fribourg.Aussi la permanence apparente des "problèmes philosophiques",l'existence d'une philosophia perennis ,tient- elle au fait que" notre langage est resté le même et qu'il nous fourvoie toujours vers les mêmes questions."(Philosophie, tr.fr. J.-P. Cometti,TER,1997,p.34)

 Le Big Typescript propose donc une interprétation du mésusage de la langue par les philosophes qui ne fait pas intervenir explicitement la thématique du Sprachspiel. Comme nous l'avons indiqué,il n'y aurait pas de forme de langage proprement philosophique,mais plutôt emprunt,par les philosophes,de"formes primitives de notre langage - nom,adjectif,verbe".(o.c.,p.42)

 Il y a donc détournement d'usage ( non-sens) "lorsque nous nous laissons guider,dans la formation de nos énoncés,non par des buts pratiques,mais par certaines analogies qui appartiennent à notre langage."(idem, § 91,p.36)

 Pourquoi ce qui est non seulement permis mais recherché et loué, dans le cas de la poésie,est-il récusé et blamé sous le nom de  "Philosophie", en raison d'une  certaine forme ?Pourquoi "les résultats de la philosophie se bornent-ils à la découverte de quelques non-sens ?

"Cette découverte est pourtant une libération de l'entendement ! En effet,"lorsque je dis:ici nous touchons aux limites du langage,cela donne l'impression qu'il faudrait nous résigner,alors qu'au contraire il en résulte une complète satisfaction,car il ne reste aucune question.Les problèmes sont dissous

(aufgelöst) au sens propre du mot - comme un morceau de sucre dans l'eau."(ibid.,p.31)  - Une remarque en passant : traduire,avec Cometti,'aufgelöst' par 'résolu',pourrait sembler littéralement correct,et donc habile,si ce n'était conceptuellement trompeur,car on ne peut résoudre qu'un vrai problème,ce

qui n'est justement pas le cas ici. Aussi convient-il maintenant de se demander si la formulation qui correspond à un mode de vie effectif et original ,pourrait être déclarée "vide de sens" ?

 L'EXPRESSION PHILOSOPHIQUE COMME INSTRUMENT D'UNE THERAPIE DE L'AME

Professeur honoraire au Collège de France,Pierre Hadot est pour sa nouvelle traduction des Traîtés de Plotin,comme pour plusieurs essais essais  consacrés à la pensée antique et s'efforçant de répondre à cette  question: que peut être un "mode de vie philosophique".?

 Deux informations ne seront peut-être pas inutiles ,à titre d'entrée en matière.La première concerne la dédicace à André-Jean Voelke de Qu'est-ce que la philosophie antique  ? et la seconde portera sur le double rapport de Pierre Hadot à Wittgenstein.

De A.-J. Voelke,Pierre Hadot se reconnait triplement débiteur.C'est à l'universitaire fribourgeois (Suisse) qu'il emprunte l'idée de' la philosophie comme thérapeutique' (,Folio-essais,p.162). Ce thème a pour conséquence,la distinction entre philosophie et discours philosophique (o.c.,p.222.Pierre Hadot

doit aussi à A.-J.Voelke la thèse que "les philosophies antiques ont développé toutes sortes de pratiques de thérapie de l'âme,s'exerçant par le moyen de différentes sortes de discours,qu'il s'agisse de l'exhortation,de la réprimande,de la consolation ou de l'instruction."(idem,p.330)

Quant au second point,il est tout aussi clair, puisque si Pierre Hadot reconnait avoir lu "les admirables analyses de Jacques Bouveresse à propos des idées de Wittgenstein sur la carrière de professeur de philosophie" (ibidem,p 391),un texte inédit de A.-J.Voelke, publié dans le recueil d'études

hellénistiques intitulé La philosophie comme thérapie de l'âme (Cerf - Editions universitaires de Fribourg ,1993),donne les précisions suivantes:"Cette idée [que la philosophie est une thérapeutique] prend la forme d'une comparaison entre le philosophe et

le médecin,entre l'ignorance du non-philosophe et la maladie,entre l'apprentissage de la philosophie et une thérapie.Il y a longtemps que j'avais remarqué des comparaisons de ce genre en lisant des textes anciens,.mais je n'ai commencé à m'y intéresser qu'au moment où nous lisions les

Investigations philosophiques de Wittgenstein,et en découvrant que Wittgenstein prête à la philosophie une fonction thérapeutique et lui assigne la tâche de conduire à un état d'apaisement qui peut faire penser à l'ataraxie des anciens ( Inv.phil.,§ 133)".

A.-J.Voelke distingue toutefois deux moments dans sa lecture de Wittgenstein: l'effet thérapeutique de la philosophie ,et la nature de son instrument :"A ce moment,Wittgenstein m'a suggéré une nouvelle démarche.Sa conception de la philosophie comme thérapeutique est liée à une conception du

langage.Je me suis donc demandé s'il existait un lien de ce genre,ne serait-ce qu'implicite,chez les anciens.Plus précisément,je me suis posé la question suivante : la conception du langage défendue par un philosophe ancien permet-elle de mieux comprendre la manière dont il conçoit la fonction

thérapeutique de la philosophie et de le distinguer sous ce rapport des autres philosophes anciens.?" (La philosophie comme thérapie de l'âme,Cerf - Ed.Univ. de Fribourg,1993, p.XV ).De même que nous avons associé A.-J.Voelke à Pierre Hadot,il faudrait,sans doute,remonter de Voelke

au Therapeutikos du stoïcien Chrysippe, "quatrième volume de son traité  Des Passions. En effet, ce texte fait l'objet d'une étude particulière dans le recueil de Voelke ( 5 .La fonction thérapeutique du logos selon Chrysippe , pp.73-89).

Cependant,tel n'est pas notre objet présent.Celui-ci se limitera à la question suivante.L'interprétation (supposée commune) de Wittgenstein par André-Jean Voelke et par Pierre Hadot ,c'est-à-dire l'assimilation de l'existence ordinaire à un état de maladie dont le discours philosophique serait la

thérapie,est-elle correcte ou non ?Question  difficile,car s'il est vraisemblable que cette interprétation correspond partiellement à l'éthique professée par plusieurs écoles philosophiques de l'antiquité grecque,des pythagoriciens aux stoïciens,et à condition que l'on ne fasse pas abstraction du rôle majeur

joué par la poltitique, -, il est douteux que les constantes positions sémantiques de Wittgenstein sur l'éthique et l'esthétique permettent même une quelconque analogie en ce qui le concerne. Il faut donc tenir  le rapprochement pour intéressant et commode,mais ,si la recherche d'une "forme de vie

philosophique" a bien un sens,il convient d'éviter de la réduire d'entrée de jeu à l'exercice d'une psychothérapie..

 Tout d'abord,proposons une distinction qui semble indispensable à l'analyse.A supposer que le discours philosophique fasse partie d'un "mode de vie "spécifique,et que celui-ci s'exerce dans le cadre d'une fonction rétribuée de manière privée (dans l'antiquité) ,ou publique (en Europe,depuis le moyen-

âge),il semblerait que, conformément aux vues d'Aristote ,cette fonction corresponde à ce que celui-ci nomme Θεωρια,réflexion contemplative,et soit ,comme telle ,orientée vers la compréhension du monde naturel et humain,plutôt que soucieuse de le transformer,par l'action éthico-politique (Πραξις),ou

par l'invention et la fabrication de dispositifs techniques (Ποιησις et Τεχνη). Quant à la fonction de 'médecin de l'âme' attribuée par certains au philosophe,il faudrait y voir,pour rester dans les limites de cette problématique ,un mixte de technè et de praxis,une technè discursive

amélioratrice de la praxis en suscitant un retour sur soi et une "prise de conscience"salutaire.Mais cette fonction vaudrait-elle et tout temps et en tout lieu ?Répond-elle au mode de vie essentiel du philosophe ?Pierre Hadot lui-même semble privilégier une période assez bien définie de la philosophie

antique.Il note en effet:"Toutes les écoles hellénistiques paraissent définir (la sagesse) à peu près dans les mêmes termes ,et tout d'abord comme un état de parfaite tranquillité de l'âme.Dans cette perspective,la philosophie apparaît comme une thérapeutique des soucis,des angoisses et de la misère 

humaine,misère provoquée par les conventions et les contraintes sociales,pour les cyniques, par le recherche de faux plaisrs,pour les épicuriens,par la recherche du plaisir et de l'intérêt égoïste,selon les stoïciens,et par les fausses opinions selon les sceptiques.Qu'elles revendiquent ou non l'héritage

socratique, les philosophies hellénistiques ne se trompaient pas trop sur leur temps quand elles admettaient avec Socrate que les hommes sont plongés dans une certaine misère,parce qu'ils sont dans l'ignorance : le mal n'est pas dans les choses,pensaient-ils mais dans  de faux jugements portés

sur les choses.Il s'agit donc de soigner les hommes en changeant leurs jugements de valeur ;toutes les philosophies se veulent thérapeutiques."(Qu'est-ce que la philosophie antique ? Gallimard,Folio Essais,1995,p.162)

Martin.Heidegger a consacré à la quotidienneté une de ses analyses les plus suggestives."La quotidienneté (Alltäglichkeit) signifie la manière dont le Dasein se laisse vivre au jour le jour (in der Tag hineinlebt),soit dans toutes ses conduites,soit dans certaines qui lui sont dictées par la vie en

commun.Ce mode d'être génère l'agrément de l'accoutumance,quand bien même contraindrait -il à des actions ennuyeuses ou désagréables.Le 'demain' auquel le soin (ou souci) quotidien s'attend est l''éternel hier".L'indifférence de la quotidienneté ,reçue comme succession, est  exactement ce que

chaque jour apporte.La quotidienneté détermine le Dasein même s'il ne s'est pas assigné le "On"pour modèle."(Sein und Zeit,§ 71,Max Niemeyer,1949,tr.E.Martineau ,1985,p.370-371)

Pourquoi cette référence ? Pour esquisser ,en regard de la vision privilégiée par P.Hadot,une interprétation du vécu de la vie quotidienne qui,parce qu'elle met en relief une vie sans relief,ne paraît pourtant pas faire appel à une thérapie "philosophique".

Ce qu'en 1927 Heidegger propose ,pour rompre avec une temporalité répétitive et aliénée,c'est une temporalité 'propre'(eigen),orientée,vectorielle ,et non linéaire,une existence assumée, et non perdue dans l'indifférence et l'anonymat de la foule.

Nous sommes-nous ,ce faisant,encore davantage éloignés de Wittgenstein qu'en  suivant Pierre Hadot ?On ne saurait trop redire que le silence de Wittgenstein sur bien des auteurs ne prouve nullement leur ignorance.Mais dans le cas du maître de Fribourg,nous disposons pourtant d'un 'hapax',

une réflexion de Wittgenstein,du 30 décembre 1929 (chez Schlick),rapportée par Waismann, "Zu Heidegger." "Je puis sans mal me représenter ce que Heidegger veut dire par 'être' et 'angoisse'.C'est une tendance chez l'homme que de venir se heurter aux limites du langage.Pensez par exemple à

l'étonnement devant le fait que quelque chose existe.Etonnement qu'on ne peut exprimer dans la forme d'une question et qui ne comporte pas non plus de réponse.Tout ce que nous aimerions dire ici ne peut être a priori qu'un non-sens (nur Unsinn sein).Nous n'en courons pas moins nous jeter contre les

limites du langage.(...)Cette façon de se jeter contre la limite du langage est l'éthique."(Wittgenstein et le Cercle de Vienne,1967;tr.fr.Gérard Granel,TER 1991,pp.38/39).Une note de l'éditeur anglais,reproduite dans la traduction,donne d'ailleurs en référence le passage correspondant de Sein und Zeit.

Ce qu'il faut donc souligner pour conclure,c'est à la fois la commune référence de Pierre Hadot,de Heidegger et de Wiittgenstein au mode de vie et à l'angoisse ,et le rôle qui,pour chacun d'eux,incombe au discours philosophique.Pourtant,si Heidegger rejette toute forme de rationalisme ,ce qui

rapproche Wittgenstein des anciens est leur commune recherche du comprendre pour bien juger,car le non-sens est sinon cause du mal,du moins symptôme du mal. Suffirait-il alors de condamner Socrate et de chasser Platon ,ou,se détournant de la vie publique et de ses déboires,

faudrait-il proposer un soin ou souci de soi en marge de la vie avec les autres ?N'est-ce pas avoir compris Wittgenstein à contre-sens,car son propos n'est nullement de 'soigner' la vie quotidienne -et sa langue-par un recours à la philosophie et à son pseudo-langage,mais de nous libérer tout autant de

l'emprise de la tyrannie de la foule que de celle du non-sens inventé par une certane élite.Si donc le philosophe doit se comporter comme un thérapeute,c'est uniquement parce que lui seul peut comprendre la maladie qu'en tant que 'philosophe' il a lui-même introduite dans la langue de la
quotidienneté.Bref,si la philosophie est indispensable - et elle l'est- c'est au sens où l'état de santé naturelle de la langue n'est ,peut-être,qu'une illusion rousseauiste,et où il ne reste plus qu'à  s'innoculer le virus si l'on espère lui résister.

 

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METHODES  I

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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