DECRIRE ( 2 )

DECRIRE ( 2 )

DE CARNAP A HUSSERL. LE PROBLEME DE LA DESCRIPTION PHENOMENOLOGIQUE.

 

  Si la description, telle que la pratiquent les philosophes, ne produit pas des représentations de singularités

empiriques, mais fait appel soit à la constitution de structures en se fondant sur la logique des relations,soit à

l'intuition des essences,attachons nous,une fois le modèle carnapien exposé dans ses grandes lignes,à

analyser ce que Husserl peut entendre par "description phénoménologique" . Il s'agit, en un premier

temps ,de la lecture des §§ 71 à 75 des Ideen I.

Les éléments du problème ont été exposés dans la section I de l'ouvrage.En premier lieu, figure la distinction

entre intuition empirique et intuition eidétique.Il s'agit ensuite d'exposer le va-et-vient entre les deux. Mais

apparaît aussitôt un type de connaissance particulier ,celui des "vérités pures",qui répondent à une espèce

bien spécifique d'intuition éidétique,car si l'essence 'couleur' diffère du bleu ou du beige comme

l'essence son du mi ou du sol,la particularité du triangle isocèle n'est pas de nature empirique,mais

 ne constitue qu'une variété de triangle et même ,si l'on peut dire, une 'variété essentielle'.Si les essences qui

correspondent aux réalités du monde naturel ont seulement la généralité du concept,les "vérités pures",

telles que les vérités logiques ou mathématiques ,sont de l'ordre de l'a priori,c'est-à-dire de l'apodictique.La

pensée qui porte sur ces essences,note Husserl,est "sans contamination,sans mélange du fait et de

l'essence". (o.c.,§. 4) Ce point est fondamental.L'exemple même,emprunté à Kant,établit la différence entre

généralité des lois de la nature et généralité eidétique :" tous les corps -dans la nature -,tous les corps

'réels' - sont lourds.Par contre la proposition 'toutes les choses matérielles sont étendues' possède une validité

eidétique et peut être entendue en un sens purement eidétique,dans la mesure où la position d'existence

opérée par le sujet est exclue.Elle énonce ce qu'impliquent purement l'essence d'une chose matérielle et

l'essence de l'extension et ce que nous pouvons porter à l'évidence en tant que validité générale

inconditionnée."( o.c.,§ 6 ) De même,Kant observait :" quoique,dans le concept d'un corps en général, je

n'inclue pas du tout le prédicat de pesanteur (...),je puis à l'avance connaître analytiquement le concept d'un

orps par les caractères de l'étendue,de l'impénétrabilité,de la figure,etc.,qui sont tous pensés dans ce

concept."( Critique de la raison pure,Introduction,IV .De la différence des jugements analytiques et des

jugements synthétiques.)

 Or,si la phénoménologie,comparable ,en ce sens ,aux sciences a priori, -  et quel que soit, par ailleurs, le

statut reconnu à ses propositions,analytique,avec le Cercle de Vienne ,ou synthétique a priori ,dans la

tradition néo-kantienne, entreprend de procéder à des descriptions, "il est clair,observe Husserl,qu'elle relève

des disciplines eidétiques concrètes."(Ideen I,§73) Comment rendre compte de cette dualité apparemment

antagonique entre, d'une part,la pureté exigée de l'essence,et le caractère concret des descriptions ? 

Le rapprochement de la phénoménologie avec des disciplines eidétiques pures telles que les

mathématiques,et plus précisément,la géométrie, - alors que le point de départ commun à Frege et Husserl a

été l'arithmétique,_ semblerait inviter à mettre au premier plan la question des 'Fondements'.Husserl

s'interroge: "Avons-nous à chercher ici aussi un système défini d'axiomes et,sur cette base,à édifier des

théories  déductives ?"(idem, § 73) Le piège dans lequel était tombé Spinoza  ( "Ethica more geometrico

demonstrata") est pourtant évitable depuis la critique kantienne."La solidité des

mathématiques ,observe en effet Kant,repose sur des définitions,des axiomes et des démonstrations.Je me

contenterai de montrer qu'aucun de ces éléments ne peut être ni fourni ni imité par la philosophie dans le sens

 où le mathématicien le prend;"(Critique de la raison pure,Théorie transcendantale de la méthode,I,I ) 

  Bref,si la phénoménologie se doit,comme toute science,d'être systématique,pourtant,le mode axiomatique ne

saurait lui convenir. Aussi ,à la différence des concepts exacts de la mathématique,doit-elle faire appel à une rigueur

des concepts morphologiques compatible avec le caractère vague  qu'ils tiennent des "sphères fluentes de leur application".

Ainsi en va-t-il des notions comme dentelé,entaillé,en forme de lentille,d'ombelle,etc;"ces simples concepts sont inexacts par essence et non par

hasard."(o.c.,§ 74,[138] ) Remarquons que le 'second' Wittgenstein recontrera la même difficulté quand,abandonnant le langage logiquement

parfait de Frege et de Russell,il osera soutenir que la langue ordinaire,avec son inexactitude foncière,est parfaite telle qu'elle est.

 Il nous faut nous attarder quelque peu sur l'opposition entre essences morphologiques et essences idéales, en particulier à cause du

rapprochement que Husserl opère entre ces essences mathématiques et les "Idées au sens kantien du mot".Pour justifier ce rapprochement,il

écrit que "cette idéation érige les essences idéales en "limites"idéales que l'on ne saurait par principe découvrir dans aucune intuition sensible

et dont se rapprochent ,sans jamais les atteindre,les essences morphologiques considérées."(idem, § 74,pp. [138-139] ) Bien que l'expression

nous soit devenue familière depuis la parution de l'ouvrage de J.T.Desanti (Les idéalités mathématiques,Le Seuil,1968),cette familiarité est

trompeuse,car la section III du livre établit que la position d'"idéalité" ,loin de concerner,comme c'est le cas pour Husserl,le champ des "objets"

mathématiques," n'est pas formulée au moyen d'une expression ne comprenant que les termes et les relations spécifiques de la théorie des

ensembles;"(III,I,2,p.84) Elle suppose l'institution d'un métalangage réflexif. "Ainsi se déploie,au plus près des objets concernés un discours

second dont les expressions n'appartiennent pas à la "langue objet",pas plus qu'elles n'appartiennent à la "métalangue formelle",dans laquelle on

construirait les enchaînements d'énoncés "épithéoriques".(idem,p.81)

Le rapprochement avec Kant paraît-il plus justifié ? Une première réponse est franchement négative,dans la mesure où ,pour Kant,les formes

mathématiques ne sont pas de purs produits de l'entendement ni de la raison,comme ce fut le cas pour Leibniz,mais dépendent de la sensibilité

pure.L'Idée,au sens kantien du terme, n'a donc pas sa place dans le monde mathématique."Le transcendantal et le transcendant ne sont pas la

même chose." En conséquence,Kant explique le besoin qu'il a éprouvé de proposer,comme Husserl s'y emploie après lui, un terme emprunté

à Platon,non pour être strictement fidèle au sens historique de ce terme,mais pour exprimer la transcendance d'un  concept dont l'usage n'est

plus limité au monde de l'expérience."J'entends par idée,précise-t-il,un concept nécessaire de la raison auquel aucun objet qui lui corresponde

ne peut être donné dans les sens."( C.R.P.,Dialectique transcendantale, Deuxième section,) 

 Pourquoi ce choix chez Husserl,alors que pour lui l'univers mathématique est une partie essentielle du monde des Idées ? C'est que,pour lui

encore "les concepts géométriques sont des concepts "idéaux";ils expriment quelque chose qu'on ne peut "voir";(...) Cette idéation (Ideation)

érige les essences idéales en "limites"idéales qu'on ne saurait par principe découvrir dans aucune intuition sensible et dont "se rapprochent"

plus ou moins,sans jamais les atteindre,les essences morphologiques."(Ideen I, § 74, [pp.138-139] ) 

 Notre thèse étant que, la position de Husserl à l'égard des mathématiques demeurant centrale tout au long de son oeuvre,l'interprétation de la

phénoménologie "comme science rigoureuse " en constitue le fil directeur,il convient de s'interroger sur le prolongement de la problématique

des "idéalités",et, d'abord,dans les Ideen I. Or,d'une certaine façon,le chapitre II de la quatrième section de l'ouvrage,intitulé "Phénoménologie de la

raison" est une très claire reprise de cette problématique ,tout particulièrement son § 143,intitulé "La donnée adéquate d'une chose entendue

comme idée au sens kantien." 

RAPPEL : Leibniz,pour Husserl ,  Méditations sur la connaissance,la vérité et les idées ,1684.

1) "Une connaissance est obscure ou claire;une connaissance claire est confuse ou distincte;une connaissance distincte,inadéquate ou adéquate;

et ,en outre,ou symbolique ou intuitive;et celle qui est à la fois adéquate et intuitive est tout à fait parfaite.

  Une notion est obscure ,qui ne suffit pas à la reconnaissance de l'objet qu'elle représente.(...)Une connaissance est claire,si j'ai par elle la 

possibilité de reconnaître l'objet qu'elle représente,et,à son tour,elle est confuse ou distincte.Confuse:quand je ne peux énumérer séparément

un nombre de caractères suffisants pour distinguer l'objet des autres objets,bien qu'il ait en réalité de tels caractères ,et qu'il possède des

éléments en lesquels on pourrait analyser sa notion:tels les odeurs,les saveurs,et les autres objets propres aux différents sens;nous ne

pouvons,par exemple,expliquer à un aveugle ce qu'est le rouge;(...) de même,nous voyons les peintres et les autres artistes capables de

reconnaître exactement une oeuvre bonne ou mauvaise,sans pouvoir cependant rendre compte de leur jugement;si on leur  pose la question,ils

disent que dans ce qui leur déplaît,ils réclameraient un je ne sais quoi.Par contre,une notion distincte ressemble à celle que les essayeurs

de métaux ont de l'or;ils l'obtiennent par des caractères et des moyens de contrôle qui suffisent à le distinguer de tous les corps analogues;

il en est de même de nos notions communes à plusieurs sens,comme celle du nombre,de la grandeur,de la figure;de même,d'un grand nombre

d'affections de l'âme ,comme l'espoir,la crainte;ou,en un mot,de tout objet d'une définition nominale,simple énumération de caractères suffisants.

 Cependant,on a aussi une connaissance distincte d'une notion indéfinissable quand elle est primitive,à sa voir quand elle est à elle-même sa

propre marque,autrement dit quand elle est inanalysable(...) Soient maintenant les notions composées.Pris un à un ,les caractères qui les

composent peuvent être connus parfois clairement,sans doute,mais en même temps confusément,comme sont la densité,la couleur,l'action de

l'au-forte et tout ce qu'on sait d'autre sur l'or:une telle connaissance peut être distincte;elle est quand même inadéquate.Mais quand tout ce qui

rentre dans une notion distincte est,à son tour,connu distinctement,autrement dit quand l'analyse est bien poussée jusqu'à son terme:la con-

naissance est adéquate;et je ne sais si les hommes peuvent en donner un exemple parfait;cependant ,la connaissance des nombres en approche

fort."  [Mais souvent,au lieu des idées correspondantes,nous utilisons des signes. ] "Cette pensée ,j'ai coutume de l'appeler aveugle,ou encore

symbolique.C'est celle que nous usons en algèbre ou en arithmétique,et même presque en toutes choses.[Mais]on n'a pas d'autre connaissance

qu'intuitive d'une notion distincte primitive.  

 2)"Les définitions nominales ne contiennent que des marques de distinction entre leur objet et les autres; les définitions réelles établissent la pos-

sibilité de leur objet." 

 Husserl,évidence et adéquation

Deux thèmes cartésiens s'entrecroisent chez Husserl,qu'on peut nommer le thème psychologique et le thème

épistémologique.Leur jonction se trouve dans l'intuition.Toutefois,chez Husserl comme chez Descartes,sinon

chez leurs commentateurs,la priorité appartient à l'intuition originaire,et même eidétique,c'est-à-dire intellectu

elle. Dès l'origine (les Regulae ),l'intuition est source principale de vérité,et l'ambition cartésienne de Husserl,

comme celle de son prédécesseur lointain,est d'étendre son pouvoir bien au-delà du domaine privilégié des

mathématiques (mathesis universalis).Contemporain de Brouwer,Husserl récuse le logicisme de

Frege et de Russell.C'est une option qui tentera Wittgenstein,auditeur de Brouwer ,à l'époque du Cercle de

Vienne.

Mais,comme nous l'avons déjà suggéré,chez Husserl l'influence cartésienne fait toujours sa part à l'expression

des néo-kantiens,sinon à leur mode de pensée.C'est pourquoi,dans les mêmes développements sur

l'eidétique pure,Husserl ne peut s'empêcher ,au cours d'exposés strictement cartésiano-leibniziens,de les

rattacher,de façon bien singulière,à l' Idée kantienne de la raison,et cela à propos de l'eidos mathématique !

C'est ainsi qu'il interprète "la donnée adéquate d'une chose comme une Idée au sens kantien" (Ideen I,§ 143)

Aussi n'est-il pas surprenant que la "phénoménologie de la raison "remette en chantier des notions  telles

que : fondation,légitimation,évidence, à partir d'outils d'analyse qui font la part égale à la perception sensible

et à l'intuition eidétique,et qui ont du mal à distinguer la vision intellectuelle de l'évidence (Einsicht),quel que

soit son domaine,sinon en ce que la vision intellectuelle des essences est adéquate,tandis qu' est inadéquate

la vision dans la sphère empirique des individus,car elle est toujours susceptible d'être augmentée ou

diminuée.Cette différence,Husserl la traduit pour ses lecteurs kantiens en ajoutant que l'évidence stricte se

formulera dans des propositions analytiques,tandis qu'à l'évidence au sens élargi et mouvant correspondront

des propositions synthétiques a priori.

Attardons-nous quelque peu sur ce type d'évidence "au sens élargi et mouvant" ,qui présente le défaut de ne pas susciter l'adéquation

entre entre l'intuition et le sens.Ce cas met-il en défaut le fondement même du savoir phénoménologique,c'est-à-dire l'intuition eidétique ?

("Nous ne quittons jamais l'intuition eidétique propre à la phénoménologie."Ideen I,§ 150,[314] )Nullement,car la finitude est,en ce cas,

constitutive de l'essence de l'objet,et nous comprenons mieux l'interprétation que Husserl fait de la synthèse a priori.Il note:

"Nous pouvons former l'évidence eidétique suivante,dont la portée est très générale: toute donnée imparfaite recèle en soi une règle qui

commande la possibilité de son perfectionnement. Il appartient à l'essence de l'apparence du centaure que j'ai présentement devant moi-

cette apparence donnant l'essence de centaure "sous une seule face" - que je puisse rechercher les différentes faces de la chose,déterminer

et rendre intuitifs par un libre jeu de l'imagination ces aspects demeurés d'abord indéterminés et en suspens.Nous sommes libres dans une large mesure

dans la poursuite de ce processus imaginatif qui rend l'objet toujours plus parfaitement intuitif et le détermoine avec plus de précision ou des changements

de propriétés;mais nous ne sommes pas complètement libres,si l'intuition doit progresser dans le sens d'un développement concordant, 

où le sujet déterminable soit le même identiquement et puisse demeurer sans cesse déterminable de façon concordante."(§ 149 [311] )

REGLE,DESCRIPTION ET PRESCRIPTION

La liberté selon Husserl n'est pas celle de l'écriture automatique."La donnée parfaite de la chose est prescrite en tant qu' Idée ( au sens kantien ).

Cette idée désigne un système,absolument déterminé en son type eidétique, qui règle le développement indéfini d'un apparaître continu."

Telle est bien la fonction de l'ordre eidétique:réguler le "développement indéfini d'un apparaître continu." D'où la question inévitable :"Que signifie

maintenant au point de vue phénoménologique ce terme de règle ou de loi ?Qu'implique ce fait que la région 'chose' donnée de façon inadéquate

prescrive des règles qui commandent le cours des intuitions possibles ?(...) La réponse est ceci: l'essence de ce noème de chose implique ,

comme on peut le voir avec une évidence absolue,que des intuitions sans cesse concordantes aient un 'développement illimité."( o.c.,[311] )

L'Eidos n'est donc point un simple concept qui détermine adéquatement les éléments de son champ,il est une norme.Pas de description sans

prescription,et telle est la fonction de la règle a priori.

Ce rapport entre description empirique et prescription -et toute description eidétique ,en tant qu'a  priori, est en réalité une prescription,est un

rapport fondateur de la phénoménologie,puisque c'est lui qui permet à Husserl de démarquer sa méthode de l'analyse psychologique du vécu. 

Il explique la source de cette distinction dans le § 79 de Ideen I. "Le rapport étroit qui unit phénoménologie et psychologie devient particulièrement

sensible avec les problèmes de la réflexion traîtés ici.Toute description eidétique relative aux espèces de vécus énonce,pour une existence

empirique possible,une norme de validité inconditionnée.(...) Par conséquent la phénoménologie est l'instance suprême dans les questions métho-

dologiques fondamentales que pose la psychologie.Les principes qu'elle a établis en termes généraux doivent être reconnus

 et,si l'occasion le requiert,invoqués par le psychologue,comme la condition de possibilité de tout le développement ultérieur de ses méthodes.

Tout ce qui les contredit caractérise l'absurdité psychologique de principe,de même que sur le plan physique tout ce qui contredit les vérités

géométriques et les vérités de l'ontologie de la nature en général est le signe distinctif de l'absurdité de principe dans les sciences de la nature."

(o.c.,p.268 [159] ) 

 Plusieurs remarques pour conclure.1°Pour des raisons de méthode qui nous sont propres,nous nous sommes abstenus de toute interprétation

"égologique" du transcendantal.Conformément à la distinction frégéenne entre  pensée et  représentation,nous postulons que les problèmes

philosophiques  ( et phénoménologiques ),en tant que non -factuels,concernent la pensée et non un support,qu'il soit subjectif ou collectif.

2°Nous observons que la phénoménologie se cherche dans l'espace délimité par deux références  d'un côté, celle de la factualité des recherches

de la psychologie expérimentale;de l'autre,celle de la normativité du paradigme mathématique. C'est pourquoi,faute de mieux,la formulation

"psychologie eidétique" est proposée comme solution d'attente - ("la psychologie eidétique,que provisoirement ici nous n'avons pas encore

distinguée de la phénoménologie,et qui en tout cas lui est intimement unie" ) §79,p.268 [159] .

3°Il s'agissait pour nous d'explorer,aussi loin que possible ,et sans tomber dans le piège ultérieur de l'idéalisme,la voie d'une phénoménologie

comme science rigoureuse.Cette voie,en dépit de ses multiples risques,est celle-là même que Husserl nomme description eidétique,parce 

qu'elle concilie dans ses termes la richesse de la description et la rigueur de l'essentialité,rapprochée de l'Idée ", au sens kantien du terme". 

 En philosophie,chaque interprète de la pensée est à la fois unique dans sa formulation (ce qui n'a rien à voir avec sa "subjectivité" !) ,et,si l'on

poursuit ce travail inachevable,un maillon de la chaîne.C'est pourquoi nous poursuivrons cette étude dans un nouveau chapitre,consacré à

Wittgenstein,parce qu'il nous semble que sa quête philosophique se meut aussi entre des pôles comparables aux pôles husserliens,les

mathématiques et la psychologie,et que,comme chez Husserl,il s'agit d'une psychologie non-factuelle,nommée par lui "grammaire".

 

 

 

 

 

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